mai 24, 2024

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La France et l’Algérie revisitent un passé douloureux de guerre pour panser les blessures coloniales

La France et l’Algérie revisitent un passé douloureux de guerre pour panser les blessures coloniales

Un groupe d'historiens français et algériens s'est mis d'accord sur des propositions d'échange d'archives, de vestiges et d'objets créés pour réconcilier les problèmes coloniaux. L’organisme composé de 10 membres – créé en août 2022 par les présidents Emmanuel Macron et Abdelmadjid Debon – devrait aider les pays à tourner la page d’un passé divisé et douloureux.

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RFI s'est entretenu avec le coprésident de la commission Benjamin Stora, qui estime que la France peut restituer les disques les plus emblématiques à l'Algérie cette année.

RFI : Les historiens algériens exigent que la France restitue ses archives. Vous souhaitez vous concentrer sur l’autorisation d’un accès gratuit à ces archives. Pouvez-vous expliquer la différence?

Benjamin Stora : Il existe un nouvel élément au vieux problème de la restructuration, à savoir la révolution numérique. Les demandes de récupération sont aujourd’hui moins importantes que la numérisation, le transfert et le partage d’archives.

Cela n'empêche pas de récupérer des documents réels qui ont une valeur d'index – par exemple ACCORD TAFNA 1836 à 1837. Les documents manuscrits de l'émir Abdelkader consignent certaines de ses réflexions sur l'islam dans des carnets personnels.

Portrait de 1852 de l'émir Elagharian Abdelkader. © Creative Commons/Ange Tissier

RFI : La question du retour des bibelots du XIXe siècle appartenant aux leaders de la résistance algérienne – comme Ahmed Bey Et Amir Abdelkader – Passer par le Parlement français ?

BS : En attendant que les partis politiques français s'accordent sur la récupération du bien – ce qui est loin d'être le cas – on peut encore présenter des propositions de récupération, et pas seulement pour l'Algérie. Le problème de la reconstruction concerne toute l’Afrique.

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RFI : Au cours de votre carrière, vous avez été attaqué à plusieurs reprises par l'extrême droite française. Craignez-vous que la loi de réforme (partiellement votée) suscite une controverse à l’Assemblée nationale ?

BS : Apparemment, l’extrême droite française a résisté très longtemps à toute volonté de réconciliation et de réconciliation. Pour eux, tout travail sur l’histoire coloniale fait partie de ce qu’on appelle la « question du repentir ». Mais cela n’a rien à voir avec la repentance… c’est juste regarder l’histoire en face.

Lorsque j'ai présenté mon rapport au Président en janvier 2021, il y a eu des attaques très vives de la part de l'extrême droite française, qui ne voulait à aucun niveau échanger avec l'Algérie. La politique d'extrême droite – la non-reconnaissance de l'histoire coloniale – ne peut que nuire aux intérêts de la France dans toute l'Afrique, notamment auprès de la jeunesse.

RFI : L'année dernière, vous vous êtes concentré sur le 19ème siècle Une époque lointaine. Était-ce parce que la France et l’Algérie apprenaient à travailler ensemble dans une période moins sensible que la guerre d’indépendance algérienne ?

BS : Ne vous laissez pas tromper en pensant que le XIXe siècle n’était pas une période importante. Quand on l'examine, on se rend compte que la population algérienne est en déclin. Vous voyez ce que cela signifie dans une guerre de conquête. Cela risque de susciter un débat en France sur une question coloniale très proche de nous. Des questions brûlantes sur l’identité et l’appartenance.

À Alger en mai 1962, malgré les accords d’Évian, l’Organisation paramilitaire dissidente française (OEA) d’extrême droite poursuit sa campagne de terreur.
À Alger en mai 1962, malgré les accords d’Évian, l’Organisation paramilitaire dissidente française (OEA) d’extrême droite poursuit sa campagne de terreur. © FERNAND PARIZOT/AFP

RFI : Quand on parle du 20ème siècle Le dialogue ne va-t-il pas devenir encore plus difficile, notamment sur les questions liées à la guerre d'Algérie et aux essais nucléaires et chimiques de la France au Sahara ?

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BS : Il y aura toujours des points de friction, mais nous devons commencer cette histoire par le début et non par la fin. Si l’on ne connaît pas l’histoire de l’Algérie en profondeur, il est difficile d’appréhender la fin de l’histoire : c’était l’époque de la guerre d’indépendance. Ne mettez pas toujours la charrue avant les boeufs. Je crois que le travail historique est un travail à long terme. Il faut avancer et apprendre à travailler ensemble.

RFI : Alors, le XXe siècle peut-il être surmonté, et il apporte encore aujourd’hui tant de douleur et de souffrance ?

BS : Bien sûr. J'ai écrit environ 30 livres sur l'histoire La guerre d'AlgérieJe travaille donc depuis très longtemps.


Cette interview a été traduite du français et éditée pour plus de clarté.