avril 20, 2024

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« L’inflation pourrait durer jusqu’au premier trimestre 2022 »

L’absentéisme de courte durée dû à la variante Omicron exerce une forte pression sur la main-d’œuvre, ce qui aura un impact sur notre économie (Getty Images/Luis Alvarez)

L’arrivée de la variante Omicron a changé plusieurs choses dans le paysage économique canadien. Nous avons demandé à David-Alexandre Brassard, économiste en chef à CPA Canada, de souligner les principaux enjeux auxquels le pays sera confronté au cours des prochains mois.

CPA CANADA : À quelle sorte de reprise économique peut-on s’attendre en 2022?
David-Alexandre Brassard (DAB) :
L’impact de la variante Omicron, que personne n’a vu venir, devrait se faire sentir tout au long du premier trimestre. Alors que des secteurs tels que les services immobiliers (+3,2%), les services financiers (+6,5%) et les services professionnels (+4,5%) se portent bien par rapport aux niveaux d’avant la pandémie, d’autres, comme les arts et le divertissement (-27%) et hébergement et restauration (-13 %), sont déjà durement touchés.

En termes de PIB, on peut s’attendre à une pause, voire à une légère baisse, au premier trimestre. Le niveau d’activité économique d’avant la pandémie pourrait ne pas être retrouvé avant le milieu de l’année.

Par ailleurs, les programmes de soutien (aussi bien les programmes de relance à l’embauche que les programmes spécifiques à certains secteurs ou aux entreprises et travailleurs sous restrictions sanitaires) sont plus restrictifs en termes d’éligibilité et moins généreux que les programmes en place avant octobre 2021.

CPA CANADA : 2021 a été une année difficile pour les chaînes d’approvisionnement. En sera-t-il de même en 2022 ?
TOUCHE:
Étant donné que de nombreux Canadiens n’ont pas pu acheter certains services au cours de la dernière année (comme les repas au restaurant et les voyages), ils se sont tournés vers l’achat de biens, ce qui a exercé une pression supplémentaire sur la chaîne d’approvisionnement mondiale. La consommation est traditionnellement plus faible en janvier et février. Cette baisse va-t-elle durer ? C’est difficile à dire.

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Une chose est sûre, Omicron va mettre beaucoup de monde hors service, y compris dans le secteur du fret. La réduction du nombre de jours d’isolement dans plusieurs provinces et pays ne résoudra pas tout. Aussi, les provinces de l’Ouest pourraient être impactées par les événements climatiques survenus à la fin de 2021. Bref, je m’attends à un autre hiver difficile, et même un printemps, à cet égard.

Un homme d'affaires est représentéDavid-Alexandre Brassard, économiste en chef de CPA Canada

CPA CANADA : Comment se porte le marché du travail en général ?
TOUCHE:
L’absentéisme de courte durée causé par la COVID-19 exerce une forte pression sur la main-d’œuvre. D’autant que de nombreux salariés ont quitté des secteurs comme l’hôtellerie et la restauration pour s’orienter vers des métiers où la rémunération n’est pas aussi directement liée au volume de clientèle, comme les services professionnels (tels que la comptabilité, le conseil, l’informatique, etc.) ou encore le commerce de détail. C’est particulièrement vrai au Québec, en Ontario et en Colombie-Britannique, qui sont des provinces peuplées où les travailleurs ont plus d’occasions de changer de carrière. Cette tendance pourrait se poursuivre tant que l’achalandage restera faible.

En termes de pénurie de main-d’œuvre (les offres d’emploi ont presque doublé Depuis le début de la pandémie, les employeurs devraient également se concentrer sur la recherche de moyens de retenir les travailleurs expérimentés (55 ans et plus), qui sont particulièrement importants dans une économie du savoir.

Même si cela ne résoudra pas tous les problèmes de main-d’œuvre, l’immigration sera également un enjeu important cette année. Jamais au cours des 35 dernières années a Canada a eu une migration nette aussi faible qu’en 2020 (quatre fois plus faible qu’en 2018 et 2019). Simultanément, de nombreux résidents non permanents sont retournés dans leur pays d’origine. Cela a laissé un gros déficit. L’immigration a rebondi en 2021, le Canada atteignant son objectif d’immigration solide. Les gouvernements doivent encore s’assurer qu’ils résolvent les retards de traitement afin de réduire les frictions pour les nouveaux arrivants et de s’assurer que nous en gardons autant que possible.

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CPA CANADA : L’inflation a été un gros problème en 2021. Va-t-elle ralentir?
TOUCHE:
Une partie du problème de l’inflation est due au déséquilibre entre la demande et l’offre, il pourrait donc durer jusqu’au premier trimestre de 2022. Cela dit, les gens auront moins d’argent à dépenser dans les mois à venir, en partie parce que les programmes d’aide gouvernementaux sont moins généreux, la situation pourrait donc se stabiliser.

Les taux d’intérêt ne devraient pas augmenter avant le milieu de l’année ou jusqu’à ce que l’activité économique revienne aux niveaux d’avant la pandémie. Tant que cela ne change pas aux États-Unis (où l’inflation est encore plus élevée), il est peu probable que cela change ici.

Cependant, la hausse des prix des maisons est à surveiller, car le problème d’abordabilité qu’elle a créé dans les grands centres s’étend à l’ensemble du Canada. Cela s’explique en partie par le télétravail, qui a donné à de nombreux travailleurs plus de liberté quant à leur lieu d’installation. Alors que l’Alberta connaît toujours des augmentations de prix plus raisonnables (parce qu’il y a plus de logements disponibles), la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick connaissent une croissance des prix par rapport aux provinces ayant de plus grandes régions métropolitaines.

CPA CANADA : Que pouvez-vous nous dire sur les dépenses gouvernementales ?
TOUCHE:
La dette du gouvernement fédéral est passée de 30 % à près de 50 % du PIB. Selon la Mise à jour économique et financière de 2021, le Canada aura accumulé environ 500 milliards de dollars de dette supplémentaire d’ici avril 2022 depuis le début de la pandémie. C’est un nombre énorme. Bien que nous entendions souvent dire que notre ratio d’endettement global est bon au niveau fédéral, CPA Canada préconise un objectif budgétaire solide où la dette n’est plus liée à notre PIB. Cela garantirait que la dette n’augmente pas systématiquement lorsque le PIB augmente.

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Nous devrions également nous interroger sur le niveau de gouvernance entourant les dépenses publiques. Le gouvernement n’a pas publié de budget en 2020, laissant un vide d’un an sans budget, au cours duquel il s’est engagé à près de 300 milliards de dollars de dépenses supplémentaires. Bien que les plans de soutien à la COVID-19 soient examinés après coup par le vérificateur général du Canada, il est préoccupant que le gouvernement ait pu dépenser autant sans que personne n’ait son mot à dire.