octobre 2, 2022

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Des cinéastes cannois exhortent la France à affronter son passé colonial

Omar Sy ajoute du pouvoir de star à un film sur le colonialisme français – AFP copyright Valérie Hach

Jürgen Hecker, Alexandra Del Peral

Les cinéastes lèvent un miroir à la France sur son passé colonial à Cannes, aidés par le pouvoir des stars et la volonté croissante de la France de faire face à l’injustice perpétrée de manière marquée en Afrique.

La colonisation de l’Algérie et les horreurs de la guerre d’indépendance algérienne (1954-1962) ont laissé de profondes cicatrices sur les deux peuples et continuent d’envenimer les relations, mais elles ont rarement été évoquées publiquement en France pendant des décennies.

Bien que le président Emmanuel Macron ait reconnu avoir commis des crimes – dont un massacre d’Algériens à Paris en 1961 qu’il a qualifié d' »impardonnable » – son gouvernement a exclu une « excuse » du passé colonial de la France.

« On peut dire que je suis obsédé par la guerre d’Algérie », a déclaré à l’AFP le réalisateur français Philippe Faucon au Festival de Cannes.

Son film Harkis raconte l’histoire d’Algériens qui ont combattu aux côtés des forces françaises contre le mouvement indépendantiste, mais qui ont souvent été laissés pour compte lorsque la France s’est retirée d’Algérie, face à la revanche des Algériens vainqueurs.

Le film place la responsabilité de cette « trahison criminelle » et des massacres de Harkis qui s’ensuivent sur le pas de la porte du président Charles de Gaulle.

« Il est nécessaire de se souvenir de cette histoire et de regarder la vérité dans vos yeux », a déclaré Faucon, d’origine algérienne, même si les « complexes » historiques rendent impossibles les jugements faciles.

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– « Tout le monde doit savoir » –

Il a également averti son collègue réalisateur Matteo Fadebed des conclusions faciles sur la conscription par la France de soldats sénégalais pour son effort de guerre pendant la Première Guerre mondiale, qui fait l’objet de son film « Trailleurs » (« Père et soldat »).

La star française Omar Sy – qui a conquis un énorme public international avec ses rôles dans « Intouchable » et le hit de Netflix « Lupin » – joue dans l’histoire d’un père et de son fils forcés dans les tranchées.

« Mon idée est de mettre les choses en doute », a déclaré Fadebid à l’AFP. « Doutant de la relation historique de la France avec ses anciennes colonies, qu’avons-nous à dire de cette journée, savons-nous même ce que nous avons fait ? »

Tout en rejetant toute approche « politique frontale », il a déclaré : « Si nous nions les faits, nous ne pourrons jamais avancer, nous devons raconter ces histoires, et tout le monde doit les connaître ».

Cependant, l’idée n’était « pas de se sentir coupable pour les gens, mais de reconnaître l’histoire douloureuse et de se libérer ».

Sy, qui est né en France et fils d’immigrés ouest-africains, a déclaré au public lors de la soirée d’ouverture du film : « Nous avons la même histoire, mais nous n’avons pas les mêmes souvenirs. »

La deuxième semaine verra la projection de « Nos Frangins » (« Nos frères ») du réalisateur français Rachid Bouchareb, qui avait suscité en 2006 un débat national avec « Indigènes » (« Jours de gloire »), un film sur l’apport des Nord. Soldats africains des Forces françaises libres pendant la Seconde Guerre mondiale.

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Dans son dernier film, il raconte l’histoire de Malik Osquin, un étudiant assassiné en 1986 dont le nom résonne profondément parmi les minorités françaises.

Dans la nuit du 6 décembre 1986, deux policiers battent à mort un jeune franco-algérien de 22 ans en marge d’une manifestation étudiante à Paris.

Il n’avait pas participé à la manifestation et son assassinat a marqué un tournant, entraînant des semaines de troubles et une condamnation sans précédent de la part des officiers impliqués.

Il a fallu 35 ans pour que la mort de Malik Oskin soit répertoriée à l’écran.